Nersès le Gracieux: coup de coeur poétique
Dans le cadre de l'année de l'Arménie en France (du 21 septembre 2006 au 14 juillet 2007), j'ai fait une recherche sur la poésie arménienne et j'ai découvert Nersès le Gracieux (1101-1173) Tout un programme...
Nersès le Gracieux est considéré comme l'un des plus grands écrivains de langue arménienne. Il vécut à l'époque du roi Léon le Magnifique, à l'apogée du royaume arménien de Cilicie. Alors que le Vème siècle est considéré comme l'âge d'or de la civilisation arménienne, le XIIème siècle est considéré comme l'âge d'argent dont Nersès est une des figures emblématiques.
Elu Catholicos, c'est à dire chef religieux de l'Eglise arménienne, il l'a réformera profondément. Hormis les ouvrages religieux écrits en arménien classique, Nerès le Gracieux rédigea des sortes de devinettes ou d'allégories qui sont les premiers textes en langue populaire qui soient conservés.
Il est une belle prairie,
Où, parmi des milliers d'agneaux blancs,
Courent de noires brebis,
Et leur berger est pareil a un ange.
Le Couteau
J'ai vu une bête fauve inanimée,
Armée d'un croc comme un chien;
Elle dévore sans pitié la chair des hommes
Et met en pièces tout être vivant.
Le Monde
Il est une auberge
Sur la route des passants;
Des inconnus viennent y descendre,
Et ceux qui y deumeurent S'en vont.
Celui qui arrive, on le comble d'honneurs:
Celui qui part, on le dépouille.
Et on lui prend, non point une partie de ses biens.
Mais tout ce qu'il possède.